[AVIS] Truxton Extreme

Tatsujin et Clear River Games nous ramènent aux sources du Shmup vertical avec Truxton Extreme sur PlayStation 5. Masahiro Yuge reprend les commandes de son titre phare de 1988 pour lui offrir un ravalement de façade électrisant. Alors, simple hommage nostalgique ou véritable incontournable du catalogue shmup moderne ? Verdict au bout du canon.

Un héritage lourd, un armement lourd

Quand on parle de Truxton (Tatsujin au Japon), on évoque l’un des piliers fondateurs du shoot ’em up des années 80. Conçu à l’époque par Masahiro Yuge au sein du mythique studio Toaplan, le titre imposait une rigueur basée sur la mémoire musculaire et des armes devenues légendaires.

Si de prime abord le jeu n’est pas réellement captivant avec ses graphismes propres sans être bluffants, ses vagues d’ennemis assez scolaires et un rythme gentillet, il s’agit avant tout de mettre en place ce qui fait un peu le sel des Truxton, un shmup d’apprentissage des niveaux plutôt que de réflexes. Et si le premier niveau s’avère assez clément, les choses se gâtent à partir du troisième.

On aurait pu avoir peur de la présentation en 16/9ème, surtout pour un shoot vertical, mais le level design s’approprie correctement l’utilisation de la largeur de l’écran.

Si on retrouve les armes caractéristiques des 2 premiers épisode, Truxton Extreme introduit de nouvelles armes qui selon moi, rendent obsolètes les premières. Je ne serai pas surpris qu’une team « tir blanc » voit le jour tant cette dernière se révèle efficace avec ses tirs « à tête chercheuse ». Dommage pour ceux qui aiment jongler avec l’armement mais il est difficile de revenir avec le tir original que j’appellerai ici « le tir vert » certes plus puissant que les autres mais au champ d’action tellement concentré qu’il fait un peu contre emploi avec un titre qui « s’étale » sur les cotés.

On notera également al présence d’une jauge baptisée extrême (original) qui se remplit progressivement avec les ennemis déchus. Une fois complètement chargé vous pouvez l’utiliser pendant un certain temps pour déclencher une attaque dévastatrice. A vous de voir si vous souhaitez l’utiliser pour vous sortir d’une situation difficile ou si vous souhaitez l’utiliser contre les bosses. Oui double emploi avec les bombes, je sais.

A noter qu’en plus des power ups et des items d’armes, vous pourrez également glaner des items de vitesse pour permettant ensuite de régler la vitesse de votre vaisseau. Collecter des bonus de vitesse pourquoi pas, j’ai une penser ému pour Gradius et Parodius, mais les collecter pour ensuite pouvoir la doser…Pourquoi ne pas permettre de jongler avec sa vitesse dès le départ? Peut être pour alimenter al quête du scoring, collecter plusieurs fois le même item vous permettant des multiplicateur. Je suis encore un peu perplexe sur la gestion de la vitesse.

Accessible aux novices, exigeant pour les puristes

Et ce double emploi est peut être l’exemple le plus parlant de la grande réussite de cet épisode Extreme qui réside dans son équilibre. Là où le titre original pouvait se montrer impitoyable, cette mouture 2026 s’adapte à tous les profils de pilotes :

Le Mode Arcade : Destiné aux puristes du 1-Credit Clear. La difficulté d’antan est préservée avec un système de scoring exigeant.

Le Mode Story : Une excellente surprise ! On y suit trois personnages à travers des cinématiques animées façon bande dessinée. Ce mode intègre une progression avec montée de niveau, rendant l’aventure beaucoup plus permissive pour les débutants.

Le Mode Team (Co-op) : Un mode deux joueurs en local très réussi, où la gestion partagée des vies et du score impose une réelle coopération tactique.

Entraînement & Arène : Parfait pour décortiquer les patterns des boss gigantesques avant de tenter le run parfait. Par contre débloquer un mode training, seriously ?

Côté bonus, les amateurs de déblocages apprécieront le Model Viewer pour observer la direction artistique des vaisseaux, ainsi que le surprenant Village Pipiru, un petit havre de paix où l’on améliore le foyer de mignonnes créatures entre deux sessions de massacre spatial.

On ne peut pas parler de Truxton Extreme sans évoquer sa musique. Masahiro Yuge, pianiste de formation devenu programmeur d’élite, a personnellement réarrangé la bande-son originale tout en composant de nouveaux thèmes détonants.

Le résultat est une pure réussite : les riffs de guitare synthétique et les envolées rythmiques accompagnent à merveille la frénésie du gameplay. Visuellement, le jeu opte pour une 3D propre et fluide qui modernise les décors et les méchas tout en conservant le charme rétro des sprites originaux. Certains niveaux sont inégaux, la DA ne me touche pas particulièrement mais ca reste agréable à l’œil et surtout lisible.

Alors que penser de ce Truxton Extreme? Ma foi avec la réutilisation de certaines musiques, boss, ennemis on serait plutôt face à un Truxton 1.5 mais ce n’est pas forcément pour me déplaire. Les développeurs ont su adapter une « vieille » licence aux requis d’aujourd’hui et le résultat est à la hauteur. Pas un grand shmup mais un shmup plaisant.

Truxton Extreme
Editeur: Clear River Games
Support: PS5, Xbox Serie X, Switch 2
Avis réalisé sur PS5
Truxton Extreme réussit avec brio le grand écart entre le respect du patrimoine du Shoot 'em up et les exigences des joueurs modernes. À la fois hommage vibrant au chef-d'œuvre de Toaplan et proposition généreuse en contenu, Truxton Extreme est une belle remise au gout du jour d'une licence que je ne pensais pas voir revenir. Si le tritre fait un peu Truxton 1.5, il apporte quelques nouveautés et surtout une accessibilité que ces prédécesseurs ne possédaient pas. Pas un shmup indispensable mais un shmup intéressant.
J'aime:- La bande-son de Masahiro Yuge
- Bonne utilisation de la latéralité dans un shmup vertical
- Rendu plus accessible que ses ainés
Je n'aime pas:- Les nouvelles armes rendent les anciennes un peu obsolètes
- La gestion de la vitesse