
Le jeu vidéo est un art aux mille visages. Parfois, on a juste envie de mettre la misère à des hordes de zombies après avoir passé une sale journée, parfois, on a juste besoin de poser son cerveau et de se laisser porter par une ambiance. C’est exactement la promesse de Poetic Trio, une compilation de trois courts titres (Pluviophile, Chionophile, et Loverowind) qui débarque sur nos consoles de salon. Alors, véritable voyage sensoriel ou simple balade monotone ? Une clé m’ayant été offerte j’ai tenté la ballade.
Trois salles, trois ambiances
Autant poser les bases tout de suite pour éviter les malentendus : Poetic Trio n’est pas là pour bousculer vos réflexes. Ici, pas d’ennemis, pas de barre de vie, pas d’énigmes tordues. On est sur du walking simulator pur et dur, presque clinique dans sa structure.
Le concept est simple : chaque segment vous plonge au cœur de la nature pour vous faire ressentir la mélancolie de la pluie (Pluviophile), la pureté de la neige (Chionophile) ou la légèreté du vent printanier (Loverowind). Le gameplay se résume à marcher dans des décors sauvages, à ramasser quelques fleurs ou éléments pour activer des autels et ainsi débloquer des morceaux de poèmes (signés Julius Cawein ou Archibald Lampman). Et c’est tout.

Une ambiance réussie…
Visuellement, sur PS5, l’expérience est propre et fluide. On arpente des forêts épaisses, des étendues enneigées plutôt vastes dans la deuxième partie de Chionophile, et le rendu de la météo est plutôt soigné. Mais ce qui sauve clairement le titre de l’ennui immédiat, c’est sa bande-son. Les compositions de Pınar Karabaş sont magnifiques et épousent parfaitement la solitude bucolique de nos promenades. Il y a un vrai côté méditatif et relaxant qui fonctionne durant les premières minutes.

…Mais des limites criantes
Le problème, c’est qu’au-delà de cette facette « méditation interactive », le titre montre très vite ses limites. Le rythme est d’une lenteur extrême (sauf dans Loverowind où les déplacements sont plus vifs), et l’absence totale d’interactivité profonde finit par peser. On a parfois la sensation tenace d’arpenter une démo technique poétique plutôt qu’un jeu pleinement abouti. C’est court, très court, et une fois la curiosité passée, on reste un peu sur notre faim. Contrairement à un Flower où le gameplay venait challenger la magie contemplative, Poetic Trio ne parvient pas à briser la monotonie qui finit inlassablement par s’installer. Un peu comme un date raté où la beauté de votre rencart ne parvient pas à effacer sa superficialité.


Poetic Trio
Développeur: Sometimes You
Support: Switch, PS5, Xbox Serie X,
Avis réalisé sur PS5
Si l'idée d'un titre poétique qui permet de se détendre était alléchante sur le papier, Poetic Trio ne parvient jamais à déclencher la petite étincelle qui vous donnera l'envie de lui accorder plus de quelques minutes. Dommage il y avait de l'idée mais un titre comme Flower fut bien plus convaincant en son temps.
J'aime: - le côté zen et sans stress
- L'ambiance sonore
- Plutôt joli
Je n'aime pas: - Un gameplay réduit à son strict minimum
- Très court
- Une sensation de répétitivité malgré les trois thèmes.