[AVIS] City Hunter

Ryo Saeba alias Nicky Larson sous nos latitudes fait son grand retour. Ne vous enflammez pas cependant, il s’agit ici d’une réédition du titre paru sur PC Engine en 1991 et j’entends déjà ceux qui l’ont connu en 1990 déchanter. Il faut dire qu’en dehors de ce titre précédé par sa mauvais réputation, l’oeuvre de Tsukasa Hōjō n’a pas connu d’autre adaptation dédiée et beaucoup d’entre nous ont dû se contenter d’une maigre apparition dans le jeu de combat Jump Force.  Difficile de s’en satisfaire.

 

Un écrin de fan-service

Dès les premières notes de « Get Wild », le contrat émotionnel est rempli. Alors rajoutez y le générique made in Club Dorothée et la nostalgie est à son comble.  Le jeu transpire l’amour pour l’œuvre de Tsukasa Hojo. Red Art Games ont su chouchouter les fans, en leur offrant non pas une mais deux adaptations françaises. L’une calquée sur l’œuvre originale et l’autre s’égarant du coté de l’adaptation à la sauce Maurice Sarfati. Oui il y a du bobo, du mamoutheuh et de la boulette, oui c’était censuré à la serpe, oui ça fait le même effet que le solo de November Rain joué à la mandoline mais c’est mon enfance et l’enfant que je suis toujours n’est pas puriste quand il s’agit de nostalgie.  Red Art games propose également un petit juke box, le scan de la jaquette/manuel d’époque et quelques images tirées du dessin animé, on aurait aimé en avoir plus mais c’est mieux que rien.

Un titre bancal restera toujours bancal

Cependant, une fois le frisson nostalgique passé, on retrouve le jeu à proprement parler. Et si à l’époque je l’avais trouvé nul, je le vois aujourd’hui différemment. Alors entendons nous bien, le jeu n’est pas devenu l’adaptation rêvée de Nicky Larson. Pas du Tout. Mais j’ai pour lui une certaine indulgence. Un jeu d’exploration/action maladroit, sorte de Rolling Thunder sous Prozac qui n’en fait pas assez pour être un bon titre mais suffisamment pour ne pas être complètement mauvais.

Plutôt court, le titre se compose de 4 stages qui recyclent les assets à outrance. Vous devrez arpenter les niveaux en quête d’objet vous permettant d’aller un peu plus loin dans l’exploration, puis battre un boss qui n’a ni queue ni tête, du style affronter un Bioman qui se demande ce qu’il fait là. Clé, badge d’accès, la répétitivité est vite de mise et finalement 4 niveaux c’est bien suffisant. D’autant plus que les ennemis sont plutôt agaçants à respawn sans cesse et ont la fâcheuse habitude de réapparaitre juste derrière la porte que vous empruntez. C’est rageant, très rageant. Et ce même dans le mode amélioré qui tente de gommer les défauts du titre, en particulier l’IA catastrophique des ennemis. En fait ce City Hunter, c’est un titre totalement random à l’époque sur lequel on a collé une licence pour faire vendre.  Il ne respecte pas le matériau d’origine, il est bourré de défaut mais avec 36 ans de recul, je me dis simplement que j’ai vu bien pire depuis dans le style adaptation ratée.

 

A noter que le titre propose également un mode hard mais qui s’avère être du pur masochisme. Dégâts amplifiés, ennemis doublés, pièges plus rapide…Et si j’avais une certaine tolérance pour le titre dans sa difficulté classique, elle a complètement disparu dans ce mode.

XYZ

City Hunter est le type même du jeu de série Z. Pris comme un pur produit vidéoludique, il est médiocre et peine à tenir la comparaison avec les standards actuels du jeu d’action. Cependant, pour celui qui a grandi en regardant le dessin animé, la magie opère par intermittence. C’est un titre qu’on traverse avec indulgence, porté par le charisme de ses personnages plus que par ses mécaniques de jeu.

City Hunter
Développeur: Red Art Games
Support: Switch, Switch 2, PS5, Xbox
Avis réalisé sur Switch
City Hunter, c'est une ode à la nostalgie. Générique français, habillage soigné avec un juke box, quelques images de l'animé, la jaquette d'origine scannée...On en oublirait presque qu'il y a un jeu derrière. Et c'est là que le bat blesse. Le titre n'était pas folichon à l'époque, il est à peine amélioré malgré la présence d'une double traduction française et d'ajustements subtils de gameplay. Un trip nostalgique avant tout. On souligne l'effort et la volonté de faire plaisir mais nul n'est tenu au miracle.
J'aime:- Une version faite par des fans pour des fans
- Qui aurait cru que ce titre PC Engine sortirait "officiellement" chez nous?
- Des boulettes en veux tu en voilà
Je n'aime pas:- Le titre reste moyen malgré les ajustements