
L’annonce d’une suite à Death Stranding avait eu sur moi deux effets contradictoires, à l’excitation de retrouver un titre qui m’avait profondément marqué se mêlait aussi le sentiment qui accompagne toujours ce genre d’annonce, le doute. A l’instar d’un The Last of US où finalement le second épisode m’avait presque fait regretter que le premier ne soit pas un one shot, qu’allait-il en être pour ce second épisode de Death Stranding? J’essayerai de conserver au maximum le plaisir de la découverte pour ce titre, qui comme le premier doit se vivre plutôt que d’être raconté, quitte à ne proposer un ressenti superficiel.

Toujours impressionnant techniquement
Kojima production ne déçoit pas sur ce plan. le Decima Engine fait encore des merveilles et les premières minutes du titre nous montre déjà que nous allons revivre ce qui m’avait transporté dans le premier titre. Le sentiment de liberté, le plaisir d’errer dans l’environnement pour simplement profiter du moment présent. Que ce soit les panoramas spectaculaires, la météo dynamique, les évolutions du terrain ou encore les animations faciales, le titre est réellement bluffant.
Mais la technique n’est rien sas une direction artistique forte et cette suite ne déçoit pas. On peut ne pas aimer le personnage mais force est de constater que Kojima sait procurer des émotions, par l’utilisation d’une musique au bon moment, au bon endroit, un regard dans lequel tout se passe ou des situations ubuesques sorties de son cerveau quelque peu alambiqué.

Un titre mieux cadré mais qui surprend moins
Nous retrouvons Sam quelques années après nous l’avions laissé. Sans dévoiler toutes les affres du scénario et sans spoiler la fin du précédent épisode pour ceux qui ne l’auraient pas fait, Death Stranding 2 s’inscrit dans la parfaite continuité du premier. A lui de reconnecter un nouveau continent avec toute la metaphysique qui accompagnait le premier, connectons nous les uns les autres pour ne pas disparaitre en individualité. L’ensemble semblera familier à ceux qui avaient déjà vécu les aventures de Sam, peut être même un peu trop et c’est là l’un des défauts du titre, l’effet de surprise n’est plus là.
Passé le plaisir de retrouver Sam, passé l’éblouissement visuel, on retrouve très vite, trop vite nos repères pour un titre habitué à nous surprendre. On appuie très rapidement sur L2/R2 pour retrouver notre équilibre, On ne dévale plus les pentes sur les fesses comme dans le premier, surpris par un gameplay simple mais auquel nous n’étions pas forcément habitué. On anticipe plus facilement nos déplacements, la présence d’une corde ou d’une échelle ne nous surprend plus, on s’attend en effet à en trouver une à cet endroit précis, la communauté a bien appris.
On résulte un titre que l’on a moins l’impression de vivre mais de contempler, ce sentiment étant renforcé par la mise en scène d’orfèvre, un penchant cinématique assumé de l’homme cité de multiples fois au générique.

Un titre plus générique
Soucieux de s’ouvrir à un public plus large, le jeu propose désormais trois approches : furtivité, infiltration et affrontement direct. On y retrouve ici un sentiment proche d’un Metal Gear cher à Kojima. L’arsenal se renforce donc avec de nouvelles armes permettant à chacun d’orienter la dynamique du titre à sa guise. L’arbre de compétence permettant de renforcer telle ou telle caractéristique.
L’arsenal s’enrichit : grenades holographiques, pistolets tranquillisants, gadgets furtifs… Les mécaniques s’inspirent ouvertement de Metal Gear Solid. Cependant faire rentrer une dimension action dan sun titre qui ne l’est pas forcément à la base ne se fait pas sans écueils. Les commandes tout comme Sam s’avèrent un peu lourdes, la visée capricieuse et le coté pataud de Sam introduit une latence qui nuit à la réactivité nécessaire pour de l’action pure et dure. Tant est si bien que si les combats impressionnent par leur mise en scène, on en peut que pester de part leur réalisation en dessous.

Le jeu est au final moins brut de décoffrage, plus accessible malgré des menus toujours alambiqués, et perd ainsi un peu de son charme avec une identité moins marquée. L’ajout de personnage vous accompagnant tout au long de l’aventure confirme ce sentiment, finies les traversées en solitaire, le narratif remplace désormais la solitude et le contemplatif.
Death Stranding 2 : On the Beach est une réussite technique et émotionnelle, servie par une direction artistique sublime, une narration plus riche et mieux cernée et un gameplay enrichi offrant différentes façon de vivre son aventure. Mais à titre personnel le premier m’avait plus touché. La magie de la découverte n’est bien sûr plus présente mais l’orientation plus consensuelle gomme un parti-pris qui n’est plus présent. Une très belle suite, mais plus qui a troqué son audace contre du confort, comme nous Death Stranding s’assagit.

_______________________________
Et puisque deux avis valent mieux qu’un, retrouvez également le test du jeu sur Actua.blog

Death Stranding 2
Développeur: Kojima Production
Support: PS5
Avis réalisé sur PS5
Comme annoncé en introduction, je n'étais pas certain que DS2 nécessitait une suite. J'ai retrouvé avec plaisir Sam dans ses aventures mais j'ai aussi retrouvé un titre qui ne me surprenait plus autant. Un titre plus mature mais plus consensuel, un titre qui s'est assagi mais qui a perdu un peu de son identité. Une très bonne suite mais qui ne m'a pas autant touché que le premier épisode.
J'aime: - Retrouver Sam
- La direction artistique toujours aussi sublime
- Quelques ajouts bienvenus
Je n'aime pas: - Death Stranding 2 ou 1.5?
- La surprise n'est plus là
- Un titre plus accessible mais qui perd un peu de son identité