[AVIS] Pragmata

J’avoue avoir été intrigué par la démo de Pragmata. L’approche d’un TPS au gameplay innovant était intéressante mais qu’en serait-il sur la durée ? Alors lorsque Capcom m’a offert l’opportunité de donner mon avis sur le titre, j’étais à la fois impatient de le découvrir mais aussi curieux de savoir où ce dernier allait m’amener. Et je n’ai pas été déçu.

Dans l’espace personne ne vous entendra crier

Si Pragmata n’est en soi pas effrayant,  cette ref de vieux vise avant tout à souligner que le parallèle avec Resident Evil ne s’arrête pas seulement au développeur commun. Mais avant de rentrer plus dans les détails, donnons un peu de contexte. Tout d’abord grand merci à Capcom de nous sortir un peu des univers ninja/samurai que l’on se tape depuis des mois. Non pas que je n’aime pas ça, mais retrouver un peu de science fiction pure et dure, ca fait du bien. Nous allons donc incarner Hugh, dépêché avec ses collègues sur la lune qui abrite depuis quelques temps une station de recherche ultra élaborée. Cette station et la gigantesque imprimante 3D qu’elle renferme, tirent partie d’un minerai révolutionnaire, le lunum, à partir duquel il est possible d’imprimer un peu tout ce que l’on désire.

Alors on ne vous la fait pas, lune, équipage qui débarque, la suite logique est du genre « tout ne va pas se passer comme prévu ».  Bingo! Bye bye les compagnons d’Hugh qui avaient signé un contrat à durée très limitée et bonjour Diana, une petite fille humanoïde. Cette dernière va former un duo avec notre héros pour découvrir ce qui se cache derrière cette station  visiblement désertée par les humains et où les robots ont semble t-il pris le pouvoir.

Classicisme du scénario, richesse du gameplay

Ok niveau scenar, rien ne vous surprendra mais l’intérêt de Pragmata est tout autre. Pour les grands sensibles comme moi, l’évolution de la relation entre Hugh et Diana aura certainement un petit écho. Il est vrai que l’on s’attache rapidement à la gamine et le coté grand frère d’Hugh qui protège la petite badass fragile fonctionne bien. Ce n’est pas niais, ce n’est pas moralisateur, c’est juste rafraichissant. Et pour les vieux aigris qui réciteront le couplet du ce n’est qu’un robot nanana, et bien focalisons nous plutôt sur le cœur du jeu. Le gameplay.

Je reviens rapidement sur la démo, si cette dernière vous permet de découvrir le gameplay, elle n’en effleure que la surface et je vous invite vraiment à vous pencher sur le jeu si ce dernier vous intéresse un tant soit peu. Alors un TPS asymétrique ca peut faire peur, une partie de son cerveau dédiée à une moitié de l’écran alors que l’autre partie doit s’occuper de l’autre c’est dérangeant mais le titre est suffisamment pédagogue pour qu’après quelques hésitations, vous soyez parfaitement rodé pour cette gymnastique.

Pour faire simple, la partie gauche de la manette sera dédiée à Hugh, vos déplacements et au tir. La partie gauche, et en particulier les 4 boutons en façade, à Diana et aux possibilités de hacking. Sans hacking point de salut, les robots ne ressentiront qu’une simple pichenette. Le hacking se présente sous forme d’une matrice avec un point d’entrée et de sortie que vous devrez relier à l’aide des 4 touches d’action (une pour haut, une pour bas etc…). Cette matrice apparait lorsque vous visez un ennemi. Commence alors la gymnastique de surveiller vos déplacements et votre visée de l’œil droit alors que l’œil gauche reste fixé sur la matrice.  A noter que des bonus et des malus viendront se greffer dans cette matrice au cours de l’aventure en fonction des ennemis rencontrés et aussi de l’optimisation de votre équipement (upgrades achetés avec la monnaie du jeu).

Au rayon des bonus: hacking multiple, hacking paralysant, surchauffe, bonus d’attaque, au rayon des malus : case non disponibles, ralentissement de déplacement…Le jeu parvient toujours à enrichir l’idée de base et à aucun moment le hacking ne devient rébarbatif. Au contraire, au fur et à mesure où l’on devient plus à l’aise, on parvient même à se créer le build qui nous convient le mieux (axé attaque ou plutôt défense) en combinaison avec les différentes armes proposées par le jeu. Elles ne sont pas forcément nombreuses mais suffisamment diversifiées pour tenir en haleine.

J’évoquais plus en amont une similitude avec Resident Evil. N’y voyez pas là une chasse aux zombies dans l’espace mais plutôt un ressenti. La lourdeur volontaire de notre personnage, engoncé dans sa combinaison, les robots qui avancent lentement vers vous…j’ai immédiatement fait le rapprochement avec les tous premiers Resident Evil et cette angoisse que l’on ressentait lorsqu’ils s’approchaient de notre personnage ultra rigide. On y retrouve le même stress, vais je réussir à terminer ma grille de hacking alors que l’ennemi se rapproche?

Techniquement le jeu est très réussi. Beau, sans bug durant ma partie, et merci cette fameuse imprimante qui permet de s’affranchir de décors monotones d’une station orbitale. Le jeu s’offre une certaine variété et on ne voit pas le temps passé. Rien n’est rébarbatif tant l’ensemble est maitrisé. Les doublages français sont d’excellente facture et même si la musique est un peu en retrait, l’ambiance est réussie. Les animations sont détaillées et c’est un véritable plaisir de se mouvoir dans cet environnement. Certains le trouveront court (une douzaine d’heures) mais je tiendrai toujours le même discours, mieux vaut 12h de kif que 120h d’ennui.

Un très bon jeu que nous propose Capcom, un coup de cœur en ce qui me concerne et j’espère que ce concept sera repris tant il apporte un peu de renouveau dans un genre qui en manquait. Plus qu’un jeu, une expérience.

Pragmata
Editeur: Capcom
Support: Switch 2, PS5, Xbox Serie X
Avis réalisé sur Xbox Serie X
Quelle belle expérience que ce Pragmata. J'en ai vu passé des jeux depuis des décennies mais ceux qui parviennent à vous captiver de par leur gameplay sont plutôt rares. Alors certes le scenario est plutôt banal mais l'ensemble du jeu est si maitrisé que ce dernier est relégué au second plan. Pragmata, ce sont avant tout des sensations. Une relation touchante entre Hugh et Diana, un gameplay qui tient en haleine du début à la fin, merci Capcom.
J'aime:- Le gameplay asymétrique
- La relation Hugh/Diana touchante
- On ne s'ennuie jamais
Je n'aime pas:- Ceux qui ne vont pas l'essayer