[AVIS] Teenage Mutant Ninja Turtles: Shredder’s Revenge

Depuis sa toute première apparition, le beat’em up néorétro développé par Tribute Games et édité par Dotemu avait su créer l’enthousiasme. Il faut dire que ce Teenage Mutant Ninja Turtles: Shredder’s Revenge avec sa plastique qui titillait la nostalgie 16 bits avait de quoi séduire le plus réfractaire des gamers. Désormais disponible, le titre tient -il toute ses promesses?

It’s pizza time!

Sans trop d’originalité (mais on en avait-on vraiment besoin?) nous allons retrouver les Tortues Ninja aux prises avec  Bebop, Rocksteady, Krang et Shredder dans des lieux familiers pour les amateurs du dessin animé à savoir les rues de New York et bien évidemment les égouts. Dès les premières minutes, ceux qui avaient pu s’essayer à Teenage Mutant Ninja Turtles IV: Turtles in Time sur Super Nintendo verseront une petite larme de nostalgie devant les magnifiques graphismes en pixel art et les petits clins d’œil disséminés çà et là comme la fameuse projection de l’ennemi sur l’écran, fait remarquable de son illustre prédécesseur. Affaire de goût, mais j’ai préféré le rendu via l’écran de la Switch forcément plus fin que celui sur grand écran. Cependant, au delà de l’aspect graphisme pur et dur, c’est au niveau des animations que le titre prend toute son ampleur. Les développeurs ont parfaitement su retranscrire la panoplie de coups des 4 tortues, de maître Splinter et d’April O’Neil puisque ces deux derniers peuvent venir prêter main forte aux tortues pour un jeu jouable jusqu’à 6 localement (et online) sur la petite portable de Nintendo. C’est un véritable régal de voir le tout bouger et même s’il peut s’avérer parfois difficile de bien se repérer en multi, on prend un véritable plaisir à distribuer des baffes. J’ai apprécié le fait de pouvoir retourner certains projectiles avec notre arme mais en dehors des caractéristiques de puissance et de portée des armes, tous les personnages ont plutôt tendance à se jouer de la même façon: combo automatisée et matraquage de bouton au programme.

 

L’ambiance sonore n’est pas en reste avec des musiques dont l’identité colle parfaitement au jeu et les petites onomatopées glissées çà et là ajoutent du peps à l’ensemble. On aurait aimé le générique français au niveau de l’introduction, histoire de compléter le tableau en beauté, mais nul n’est parfait.

A l’ancienne?

Non pas vraiment. Si le rendu pixel art renvoie bien à l’époque Super Nes, le titre est bien ancré dans notre époque. Ce dernier demeure très accessible, les combo, en nombre plus limité qu’un beat’em up ancienne vague, sortent plutôt facilement. Le mode histoire découpé en 16 épisodes que l’on pourrait comparer à autant d’épisodes d’une série animée, est parfaitement calibré pour de petites sessions. Petit aparté, mention spéciale aux petites scénettes animées qui introduisent chacun d’eux.

 

Pour les fans de beat’em up à l’ancienne, le mode arcade est censé rappeler les titres d’autrefois qui avalaient les pièces aussi rapidement que les tortues avalent les pizzas. Je dis « censer » car selon moi il s’agit d’un pari perdu. Ce mode se contente de reprendre chacun des niveaux et les enchainer mais qui peut réellement consacré 2 à 3 heures pour un mode arcade? Il aurait été plus judicieux selon moi de faire une sélection des niveaux les plus réussis pour au final arriver à une session d’une petit heure environ. D’autant plus que les épisodes véhiculés ne sont pas forcément les plus intéressants et qu’un sentiment de lassitude peut parfois s’instaurer en enchainant trop les épisodes. En effet, beaucoup d’ennemis partagent les mêmes sprites et se contentent d’un petit refresh au niveau des couleurs et des armes employées. Si cela n’est pas trop préjudiciable du coté du mode histoire dans lequel on peut s’accorder quelques pauses, cela devient plus problématiques lorsque l’on enchaine les niveaux.

Si l’aventure principale pourra se boucler en 3 heures environ, le jeu introduit également des objets à collecter, à retrouver au sein de niveaux et qui viennent habilement compléter le mode histoire et lui autoriser une petite replay value.

Si Teenage Mutant Ninja Turtles: Shredder’s Revenge s’inspire de Teenage Mutant Ninja Turtles IV: Turtles in Time voire lui rend hommage en certaines occasions, nous sommes aussi face à deux propositions complètement différentes. Les amateurs d’arcade pure et dure auront certainement un peu de mal avec la proposition arcade de ce Shredder’s Revenge et c’est là pour moi, le point important à souligner.  Teenage Mutant Ninja Turtles: Shredder’s Revenge est assez paradoxal. A vouloir mélanger solo et multi, il s’écarte radicalement de l’image d’un beat’em up « classique » que l’on enchaine d’une traite du début à la fin. Il trace plutôt son propre chemin, celui du beat’em up que l’on aime partager entre amis, pour sa convivialité, que l’on ne finit pas forcément sur le coup mais que l’on reprendra avec plaisir le lendemain……..un peu comme une pizza.

En conclusion
Il serait facile de comparer Teenage Mutant Ninja Turtles: Shredder’s Revenge et Turtles in Time. Après tout le premier s'appuie sur le second dans un mélange d'hommage et de suite spirituelle. Cependant nous sommes face à deux propositions bien différentes. Si Turtles in Time respectait à la lettre les codes de l'arcade pure et dure, Teenage Mutant Ninja Turtles: Shredder’s Revenge s'en émancipe pour proposer quelque chose de différent. Sorte de mode solo jouable à plusieurs, le titre bénéficie d'un travail remarquable sur les visuels, l'animation et le rendu sonore. Tout n'est pas parfait, mais le titre sait procurer une dose de fun et de plaisir immédiat et on ne peut que remercier Tribute Games et Dot Emu pour cela.
Devrait plaire:- Un pixel art et des animations de qualités
- L'univers parfaitement retranscrit
- Très accessible et fun à plusieurs
Pourrait ne pas plaire:- Le mode arcade trop long
- Certains niveaux moins intéressants que d'autres
- Pas mal de recyclage dans les sprites ennemis

Support:  Xbox Series X/S, PS4|5,  Switch  Editeur: Dot Emu – avis réalisé sur Switch à partir d’un code fourni par l’éditeur.